Easy'Magines la B. O N°3

EasyZic organise régulièrement des challenges de composition autour d'un sujet imposé. Cette édition repose sur les images montrant une projection des dangers du côté sombre de l'Internet. 
Ma contribution à ce challenge est sur youtube (cf vidéo embarquée), mais si vous voulez écouter les autres contributions, c'est ce lien qu'il faut suivre.


 
Côté détails de réalisation, du 100% virtuel sous Linux, dans Ardour, avec quelques banques de son libres et quelques synthés virtuels (ZynAddSubFX et JuceOPL en particulier)

Vous pouvez également écouter la musique en boucle sans la vidéo ici 

1er essai avec le Tascam DR-40x

Ça y est, j'ai reçu mon petit enregistreur portable, un Tascam DR-40x que EasyZic a partiellement financé grâce au prix gagné sur le challenge de test de matériel.

Pour tout dire, je l'ai reçu en début de semaine, et je n'ai pas réussi à ne pas l'utiliser tout de suite histoire de le tester rapidement (officiellement, entendre "vérifier qu'il fonctionne bien pour ne pas avoir à le renvoyer chez Thomann").

Une fois les piles positionnées dans l'appareil (positionnement inhabituel, mais qu'importe), la carte SD (et non microSD tel qu'indiqué sur de nombreux sites) insérée, me voila parti.

Un premier test avec le premier instrument sous la main, la batterie, puis une guitare en overdub ... le tout avec les micros intégrés.
Niveau de bruit ridicule malgré les PC qui tournaient à côté et les portes ouvertes et son plutôt bien défini. Les extraits ci-dessous ont juste été découpés dans une prise de 3 minutes sans aucune retouche (pas d'EQ, pas de compression, nada.).


Pour retravailler le résultat, on peut alors utiliser le mixer intégré pour combiner les pistes pour en enregistrer une autre supplémentaire. Le mixer rudimentaire reste cependant assez utilisable (moins qu'avec des portards physiques, mais il faut pour ça passer au DP-03). Le send permet d'envoyer le signal vers le générateur d'effets intégré. Je n'ai pas trop l'occasion de l'utiliser, mon objectif étant d'enregistrer plusieurs pistes et de les importer dans une STAN (DAW) pour faire le mixage.


D'ailleurs, tant qu'on parle du PC, il y a deux modes pour utiliser la bête : soit pour transférer ce qui est enregistré sur la carte SD, soit pour utiliser l'appareil comme une interface audio.

Un branchement sur le PC, configuration en mode interface audio 


configuration du mode de l'interface et là, déception, l'interface ne propose pas 96kHz (contrairement à l'enregistrement). Tant pis, ce n'était pas la fonction pour laquelle j'ai acheté la bête je survivrai donc. Par ailleurs, si les entrées sont tout à fait correctes pour une interface audio, les sorties sont très limitées puisque je n'ai que la prise casque (Jack 3,5mm stéréo), inadaptée pour passer sur des enceintes de monitoring.

Pour les linuxiens, l'appareil est reconnu par ALSA en tant que périphérique audio USB générique et fonctionne donc sans difficulté.

le face à face akg vs sennheiser

Le marché des micros d'entrée de gamme semble avoir le vent en poupe lorsque l'on voit fleurir des modèles chez des fabricants dont la réputation s'est faite sur d'autres segments de marché. Histoire d'y voir un peu plus clair, voici un petit comparatif de deux modèles récents tous deux d'origine germanique, l'un allemand, le Sennheiser XS1, l'autre autrichien (bien qu'avec le rachat par Harman, on puisse discuter ce point)

Prise en main

Commençons donc par les aspects faciles. Les deux ont un corps en métal assez massif. Le AKG, un peu plus anguleux et grand que son confrère est aussi un peu plus lourd. Les deux semblent d'une conception solide, bien que le volume de l'AKG et sa bague plus large lui confèrent une impression d'être encore plus costaud.
 
En main, le XS1 atténue bien les bruits de manipulation (dans le bas du spectre) grâce à une suspension intégrée de la capsule alors que le P5S y est assez sensible. 
 
En voulant le placer sur un pied, on constate une différence : le switch on/off est placé en opposition par rapport au sens du connecteur XLR. Si le micro doit être enlevé de/reposé sur son pied, le sennheiser va avoir l'interrupteur qui va devoir passer contre la pince, ayant tendance à éteindre le microphone, là où la manipulation est sans encombre sur le AKG. Heureusement, il est possible de le verrouiller (par un petit coup de tournevis) en position allumée.

Regardons un peu ce que l'on entend

Pour faire la comparaison des deux concurrents, de la manière la plus objective possible, j'ai placé les deux sur le même pied avec une barre de couplage avec les capsules placées au même niveau, un cable similaire de même longueur, chacun entrant sur une voie de mon interface (donc même préamplis, avec les mêmes gains, pas de compression, pas d'equalisation, juste le préampli) les deux micros en parallèle. J'ai ensuite procédé à quelques enregistrements sous Ardour, avec une piste par micro, les deux enregistrant simultanément la même source. 
Afin de diversifier un peu les spectres et les puissances, j'ai testé avec les sources suivantes : 
  • Flûtes à bec tenor, soprano et sopranino
  • Tambourin
  • Ukulele, Guitare classique, Guitare folk
  • Voix
  • caisse claire
  • Hi Hat
  • Grosse caisse
Premier constat : avec un réglage de gain identique sur les deux entrées, le niveau moyen du XS1 est de plus de 4dB supérieur à celui du P5s.

Côté réponse en fréquence, en comparant les analyses d'un même passage (illustré ci-dessous avec l'analyse de l'enregistrement de flûte à bec) avec les mêmes paramètres (plugin calf analyzer sur chaque voie), on constate bien l'inversion de tendance autour de 500Hz, le P5S retourne plus de graves alors que le XS1 retournera plus dans les aigus. 

En regardant de près les formes d'ondes, on peut constater que le P5S ajoute comme un bruit plus important que le sennheiser au signal. Ce bruit reste cependant très discrèt dans les oreilles et ne dérange pas un signal suffisamment puissant.



Et que dit l'oreille de tout ça ?

Sur les différents instruments enregistrés, que dire des résultats ?

  • Sur les flûtes à bec, le match est nul. Il est difficile de dégager un vainqueur. Les deux s'en sortent correctement. Selon le timbre de la flûte utilisée, l'un ou l'autre donnera des résultats plus proches de ce qui peut être attendu. 
  • Sur le tambourin, ma préférence va nettement au Sennheiser qui est plus précis sans être criard dans les aigus.
  • Sur la guitare classique (cordes nylon) et le Ukulele (cordes nylon aussi), les deux s'en sortent bien individuellement et apportent la douceur qu'un statique tendra à détruire avec sa précision.
  • Sur la guitare folk (cordes acier), les deux micros se valent mais ne sont pas merveilleux de manière individuelle. C'est en les utilisant comme une paire stéréo que le résultat est vraiment intéressant, bien que positionnés de manière à capter le signal le plus proche possible l'un de l'autre.
  • Pour la voix, en live, les deux vont faire plus que s'en sortir avec une voix suffisamment puissante, mais peineront avec une voix faible à moins de disposer d'un bon préampli.
  • Pour la caisse claire, j'oublie autant l'un que l'autre pour un jeu un peu pêchu car le son est très vite écrasé (bien que ne saturant pas forcément), et je leur préférerai mon vieux D550 de chez AKG. Pour un jeu avec les balais, on peut plus facilement les envisager, mais ce n'est pas leur domaine d'excellence.
  • Pour le Hi Hat (alias charley), je reste assez fan du XS1 pour sa définition dans les hautes fréquences.
  • J'ai testé la Grosse caisse, par acquis de conscience et pour tester le comportement dans les graves, et c'est sans appel. ces micros ne sont pas faits pour ça !

En conclusion

Pour conclure, le match penche légèrement en faveur du Sennheiser grace à son faible bruit, sa belle définition dans les aigus et la bonne atténuation des bruits de manipulation qui est le défaut principal à mon sens du P5S. 

Si le budget est vraiment serré, le P5S, 30% moins cher rendra le service sans difficulté, moyennant quelques petits ajustements.