Mackie Onyx Producer 2x2

Quelques heures après avoir déballé cette petite interface, toute de noir vétue, dotée de 2 entrées Mic / Ligne / HiZ (avec switch par voie) sur prise combo XLR/Jack, MIDI IN et OUT sur DIN et sortie ligne sur jack, voici un petit retour sur la bête.


Connectée à chaud sous Linux (debian) en remplacement d'une Behringer Xenyx X1222USB qui prenait trop de place sur le bureau, elle a été immédiatement reconnue par ALSA et jack et les applications qui tournaient sur l'ancienne interface ont pris à chaud la nouvelle sans même redémarrer les applis.Une fois posée sur le bureau, elle ne glisse pas grâce aux patins caoutchoutés qui ont été judicieusement posés par Mackie sous la bestiole.

 

Connexion et logiciels

Le 192kHz est bien toléré sous Ardour/Mixbus peu de latence. En revanche, sous Tracktion WaveForms (dont une licence basique est fournie avec), des craquements dans tous les sens dès qu'il essaye de ressampler à la volée, mais dans la fréquence d'origine, pas de souci. Les plugins DAW Essentials (VST) de Tracktion sont en revanche plutôt agréables avec des presets pas mauvais comme point de départ, dont plusieurs prévoient une synchro tempo avec la DAW, que ce soit Waveforms, Ardour, ou Mixbus)

Pour Protools First, pas moyen de le faire tourner sous Wine (pour l'instant, j'essaye encore d'installer les dépendances).

Ergonomie et utilisation

Ayant lu des commentaires sur une prétendue inutilité du mix direct monitoring vs DAW, je lui donne toute son utilité hors d'un contexte purement MAO, en particulier, j'apprécie avoir un retour lorsque je suis en conf call et les outils de visioconférence ne permettent généralement pas ce retour. Dans le contexte MAO, en enregistrement, c'est pareil, j'aime autant monitorer sans effet ce qui est enregistré en même temps que le backing track (surtout lorsque j'enregistre des overdubs avec un casque fermé).

Enfin, on peut avoir les enceintes et le casque en simultané sans que l'un ne coupe l'autre, avec un réglage séparé du volume indépendant, ce qui n'est, de ce que j'ai pu lire, pas systématique. Plutôt pratique pour éviter de tout le temps débrancher le casque.

Les points "noirs"

Si on veut passer aux critiques, tout n'est malgré tout pas rose.

  • La puissance de sortie au casque comme sur les sorties ligne semble assez faible bien qu'utilisant un casque 32Ω. Sur la behringer, je montais le volume autour de 5-10% de l'amplification casque sur un signal autour de 0dB. Je dois pousser à 100% pour avoir l'équivalent en puissance restituée dans le casque. alors que je suis en limite de saturation sur l'entrée micro. Par contre, quasiment aucun bruit de fond n'est à déplorer justement sur cette sortie et c'est agréable.
  • le préampli micro est très silencieux jusqu'à environ 95% (de la rotation du potard). Au delà, le gain augmente d'un coup avec le bruit associé (en enregistrement dans la DAW, j'ai un bruit aux alentours de -60dB en n'ayant pas de micro relié au préamp. le passage en HiZ ne change rien à l'affaire.

Pourquoi j'ai choisi celle-ci ?

  • il me manque les entrées / sorties MIDI sur la scarlett 2i2 3G
  • la steinberg UR22 était comparable mais plus chère avec une seule entrée HiZ
  • il manque une entrée XLR micro et le MIDI sur la M-Audio AIR 192|4
  • la prise casque en face avant manque sur la Presonus Studio 26c et son prix me ferait plus me rapprocher d'une SSL.
  • la behringer UMC 204HD aurait été séduisante sur le papier, mais comme une envie de changer de fabriquant après 20années passées avec du matos Behringer.
  • la SSL2+ est trop chère pour mon utilisation au vu de la différence

Bilan

Au vu des fonctionnalités et de la qualité globale du son (hors limites du préamp), la robustesse présumée du boitier acier, et du prix de vente, c'est une super affaire qui va vite me faire oublier l'ancienne console (que je garde dans un coin pour couvrir d'autres besoins plus live avec plus de pistes à capter.). 

Où la trouver ? 


 

Backing track

Transformer une grille d'accords en une backing-track MIDI potable, c'est faisable, mais sans les outils adaptés, c'est long et fastidieux, pourtant c'est ce que je faisais jusqu'à présent sur chacune de mes compos (principalement chansons) pour en avoir un rendu à peu près écoutable qui ressemblerait plus ou moins à une chanson.

  • écrire les parties de chaque instrument qui soit jouable sur un vrai instrument
  • écrire une piste de batterie réaliste avec un groove qui tourne

En travaillant avec des claviers arrangeurs, je n'avais que rarement la possiblité de transformer la backing track "temps réel" en un fichier MIDI utilisable dans ma DAW. J'étais donc à la recherche depuis quelques temps d'un logiciel qui permette

  • de générer des backing tracks MIDI d'après la grille / structure du morceau
  • d'utiliser des styles prédéfinis de qualité
  • de personnaliser les styles
  • de travailler sous Linux
  • de s'interfacer avec d'autres logiciels
    • en MIDI pour les synthés via ALSA, Jack ou autres
    • via des fichiers structurés "standard" pour d'autres éditeurs

j'avais en tête un logiciel que j'utilisais lorsque j'étais encore sous windows (c'est à dire il y a assez longtemps pour que ce soit windows 95) : Band in a box.

J'ai d'abord jeté un coup d'oeil sur LinuxBand (cf http://linuxmao.org/LinuxBand) dont l'interface assez vieillotte ne m'a pas vraiment convaincu.Cependant, la page d'accueil du projet référençait un autre projet JJazzLab-X qui possède une interface JJazzLab écrite en java : https://www.jjazzlab.com/

Le lancement avec fluidsynth décrit sur le site est un peu fastidieux (cf ci-dessous pour ma solution pour me simplifier la vie), mais les fonctionnalités sont plutôt très intéressantes pour se simplifier la vie et l'écriture, en particulier, le support des banques de style Yamaha (tyros, PSR, ...) rend le logiciel très extensible, et la possibilité de définir des styles personnalisés le rend vraiment très pratique, à défaut de toujours intuitif.

Voici donc mon petit script pour le lancer comme recommandé par la doc du projet, mais de manière automatique : 

#!/bin/env bash
#

jjlhome=$(dirname $(readlink -f $(dirname $0)))
jdkhome=${jjlhome}/jdk

if [[ -z "$(lsmod | grep snd_virmidi | wc -l)" ]]; then
echo "Loading virtual MIDI driver"
sudo modprobe snd-virmidi midi_devs=1
else
echo "Virtual MIDI driver already loaded"
fi

qsynth &

echo "Waiting a few seconds for fluidsynth to start"
sleep 5
VMIDI_DEV=$(aconnect -lo | grep 'Virtual Raw MIDI' | sed -r -e 's/^client ([0-9]+):.*$/\1/')
QMIDI_DEV=$(aconnect -lo | grep 'FLUID Synth' | sed -r -e 's/^client ([0-9]+):.*$/\1/')
aconnect $VMIDI_DEV:0 $QMIDI_DEV:0

${jjlhome}/bin/jjazzlab

# Kills qsynth once app is closed
pkill -9 qsynt

Pour ce qui concerne les banques de son, ils référencent une banque de qualité raisonnable dans la documentation, vous pourrez utiliser avec qsynth (fluidsynth) une soundfont de votre choix qui pourrait être beaucoup plus volumineuse et potentiellement de meilleure qualité que celle conseillée. C'est ensuite une question de performances de l'ordinateur utilisé.Vous trouverez probablement votre bonheur ici : https://musical-artifacts.com/

Une banque raisonnable disponible en plusieurs variations de différentes tailles :

 https://musical-artifacts.com/artifacts?q=DSoundfont

Pour en revenir à JJazzLab

  • l'interface est plutôt agréable, une fois qu'on la connait, mais la prise en main n'est pas ce qu'il y a de plus intuitif, en particulier
    • L'ajout d'accords en milieu de mesure demande <Ctrl> + Glisser de l'accord de début de mesure
    • Les fonctionnalités de la structure sont accessible à la fois dans les propriétés (onglet song part) et dans la carte dans la partie basse. On ne sait plus trop où modifier
    • Les fonctionnalités d'édition des propriétés avancées des mesures ne sont accessibles que depuis une fenêtre pop-up affichée au double clic sur un accord ... l'utilisation d'un onglet de propriétés contextuellesserait propablement plus simple.
  • Il me manque (mais c'est logique vu le fonctionnement 100% MIDI) une option d'export audio directement cablé dans l'appli.
    • on peut contourner ce problème en configurant la sortie de fluidsynth vers un fichier.

https://raw.githubusercontent.com/jjazzboss/JJazzLab-X/master/Graphics/JJazzLabScreenShot.png

Le résultat, au final ?

Une fois la prise en main initiale du logiciel effectuée, la récolte de styles supplémentaires effectuée, le temps gagné est énorme et les résutats dépendent surtout de la qualité du style utilisé.

Voici côte à côte deux versions d'une même  backing track, la première réalisée à la main dans un vieux cubase en quelques heures, l'autre en quelques minutes avec jjazzlab. Les deux ont été jouées avec la même banque de son avec les mêmes réglages de fluidsynth, un pseudo-mastering analogique sur une Xenyx X1222 et enregistrement sur un DR-40x (entrée ligne) puis conversion en MP3 par lame.




Easy'Magines la B. O N°3

EasyZic organise régulièrement des challenges de composition autour d'un sujet imposé. Cette édition repose sur les images montrant une projection des dangers du côté sombre de l'Internet. 
Ma contribution à ce challenge est sur youtube (cf vidéo embarquée), mais si vous voulez écouter les autres contributions, c'est ce lien qu'il faut suivre.


 
Côté détails de réalisation, du 100% virtuel sous Linux, dans Ardour, avec quelques banques de son libres et quelques synthés virtuels (ZynAddSubFX et JuceOPL en particulier)

Vous pouvez également écouter la musique en boucle sans la vidéo ici 

1er essai avec le Tascam DR-40x

Ça y est, j'ai reçu mon petit enregistreur portable, un Tascam DR-40x que EasyZic a partiellement financé grâce au prix gagné sur le challenge de test de matériel.

Pour tout dire, je l'ai reçu en début de semaine, et je n'ai pas réussi à ne pas l'utiliser tout de suite histoire de le tester rapidement (officiellement, entendre "vérifier qu'il fonctionne bien pour ne pas avoir à le renvoyer chez Thomann").

Une fois les piles positionnées dans l'appareil (positionnement inhabituel, mais qu'importe), la carte SD (et non microSD tel qu'indiqué sur de nombreux sites) insérée, me voila parti.

Un premier test avec le premier instrument sous la main, la batterie, puis une guitare en overdub ... le tout avec les micros intégrés.
Niveau de bruit ridicule malgré les PC qui tournaient à côté et les portes ouvertes et son plutôt bien défini. Les extraits ci-dessous ont juste été découpés dans une prise de 3 minutes sans aucune retouche (pas d'EQ, pas de compression, nada.).


Pour retravailler le résultat, on peut alors utiliser le mixer intégré pour combiner les pistes pour en enregistrer une autre supplémentaire. Le mixer rudimentaire reste cependant assez utilisable (moins qu'avec des portards physiques, mais il faut pour ça passer au DP-03). Le send permet d'envoyer le signal vers le générateur d'effets intégré. Je n'ai pas trop l'occasion de l'utiliser, mon objectif étant d'enregistrer plusieurs pistes et de les importer dans une STAN (DAW) pour faire le mixage.


D'ailleurs, tant qu'on parle du PC, il y a deux modes pour utiliser la bête : soit pour transférer ce qui est enregistré sur la carte SD, soit pour utiliser l'appareil comme une interface audio.

Un branchement sur le PC, configuration en mode interface audio 


configuration du mode de l'interface et là, déception, l'interface ne propose pas 96kHz (contrairement à l'enregistrement). Tant pis, ce n'était pas la fonction pour laquelle j'ai acheté la bête je survivrai donc. Par ailleurs, si les entrées sont tout à fait correctes pour une interface audio, les sorties sont très limitées puisque je n'ai que la prise casque (Jack 3,5mm stéréo), inadaptée pour passer sur des enceintes de monitoring.

Pour les linuxiens, l'appareil est reconnu par ALSA en tant que périphérique audio USB générique et fonctionne donc sans difficulté.

le face à face akg vs sennheiser

Le marché des micros d'entrée de gamme semble avoir le vent en poupe lorsque l'on voit fleurir des modèles chez des fabricants dont la réputation s'est faite sur d'autres segments de marché. Histoire d'y voir un peu plus clair, voici un petit comparatif de deux modèles récents tous deux d'origine germanique, l'un allemand, le Sennheiser XS1, l'autre autrichien (bien qu'avec le rachat par Harman, on puisse discuter ce point)

Prise en main

Commençons donc par les aspects faciles. Les deux ont un corps en métal assez massif. Le AKG, un peu plus anguleux et grand que son confrère est aussi un peu plus lourd. Les deux semblent d'une conception solide, bien que le volume de l'AKG et sa bague plus large lui confèrent une impression d'être encore plus costaud.
 
En main, le XS1 atténue bien les bruits de manipulation (dans le bas du spectre) grâce à une suspension intégrée de la capsule alors que le P5S y est assez sensible. 
 
En voulant le placer sur un pied, on constate une différence : le switch on/off est placé en opposition par rapport au sens du connecteur XLR. Si le micro doit être enlevé de/reposé sur son pied, le sennheiser va avoir l'interrupteur qui va devoir passer contre la pince, ayant tendance à éteindre le microphone, là où la manipulation est sans encombre sur le AKG. Heureusement, il est possible de le verrouiller (par un petit coup de tournevis) en position allumée.

Regardons un peu ce que l'on entend

Pour faire la comparaison des deux concurrents, de la manière la plus objective possible, j'ai placé les deux sur le même pied avec une barre de couplage avec les capsules placées au même niveau, un cable similaire de même longueur, chacun entrant sur une voie de mon interface (donc même préamplis, avec les mêmes gains, pas de compression, pas d'equalisation, juste le préampli) les deux micros en parallèle. J'ai ensuite procédé à quelques enregistrements sous Ardour, avec une piste par micro, les deux enregistrant simultanément la même source. 
Afin de diversifier un peu les spectres et les puissances, j'ai testé avec les sources suivantes : 
  • Flûtes à bec tenor, soprano et sopranino
  • Tambourin
  • Ukulele, Guitare classique, Guitare folk
  • Voix
  • caisse claire
  • Hi Hat
  • Grosse caisse
Premier constat : avec un réglage de gain identique sur les deux entrées, le niveau moyen du XS1 est de plus de 4dB supérieur à celui du P5s.

Côté réponse en fréquence, en comparant les analyses d'un même passage (illustré ci-dessous avec l'analyse de l'enregistrement de flûte à bec) avec les mêmes paramètres (plugin calf analyzer sur chaque voie), on constate bien l'inversion de tendance autour de 500Hz, le P5S retourne plus de graves alors que le XS1 retournera plus dans les aigus. 

En regardant de près les formes d'ondes, on peut constater que le P5S ajoute comme un bruit plus important que le sennheiser au signal. Ce bruit reste cependant très discrèt dans les oreilles et ne dérange pas un signal suffisamment puissant.



Et que dit l'oreille de tout ça ?

Sur les différents instruments enregistrés, que dire des résultats ?

  • Sur les flûtes à bec, le match est nul. Il est difficile de dégager un vainqueur. Les deux s'en sortent correctement. Selon le timbre de la flûte utilisée, l'un ou l'autre donnera des résultats plus proches de ce qui peut être attendu. 
  • Sur le tambourin, ma préférence va nettement au Sennheiser qui est plus précis sans être criard dans les aigus.
  • Sur la guitare classique (cordes nylon) et le Ukulele (cordes nylon aussi), les deux s'en sortent bien individuellement et apportent la douceur qu'un statique tendra à détruire avec sa précision.
  • Sur la guitare folk (cordes acier), les deux micros se valent mais ne sont pas merveilleux de manière individuelle. C'est en les utilisant comme une paire stéréo que le résultat est vraiment intéressant, bien que positionnés de manière à capter le signal le plus proche possible l'un de l'autre.
  • Pour la voix, en live, les deux vont faire plus que s'en sortir avec une voix suffisamment puissante, mais peineront avec une voix faible à moins de disposer d'un bon préampli.
  • Pour la caisse claire, j'oublie autant l'un que l'autre pour un jeu un peu pêchu car le son est très vite écrasé (bien que ne saturant pas forcément), et je leur préférerai mon vieux D550 de chez AKG. Pour un jeu avec les balais, on peut plus facilement les envisager, mais ce n'est pas leur domaine d'excellence.
  • Pour le Hi Hat (alias charley), je reste assez fan du XS1 pour sa définition dans les hautes fréquences.
  • J'ai testé la Grosse caisse, par acquis de conscience et pour tester le comportement dans les graves, et c'est sans appel. ces micros ne sont pas faits pour ça !

En conclusion

Pour conclure, le match penche légèrement en faveur du Sennheiser grace à son faible bruit, sa belle définition dans les aigus et la bonne atténuation des bruits de manipulation qui est le défaut principal à mon sens du P5S. 

Si le budget est vraiment serré, le P5S, 30% moins cher rendra le service sans difficulté, moyennant quelques petits ajustements.